Denis Pascal, magnifique interprète de Chopin

L’association des Concerts Vinteuil, aux destinées de laquelle veille attentivement Sylvain Durantel, célèbre dignement l’année Chopin. En invitant, dimanche après-midi, Denis Pascal à offrir un concert exclusivement dédié au maître de Varsovie, elle proposait aux mélomanes troyens à la fois des retrouvailles avec ce brillant concertiste, entendu il y a quelques semaines en soliste de l’Orchestre symphonique de l’Aube (2e Concerto de Chopin), et un grand moment de romantisme.
La salle Val-de-l’Isle a donc fait le plein et, tel qu’espéré, ce fut un récital de belle audience. Un de ces moments de haute qualité qui vous laisse des traces d’émotion inoubliables.
À son programme, Denis Pascal s’est refusé la facilité d’inscrire les œuvres les plus populaires et les plus jouées – pour ne pas dire rabâchées – de Frédéric Chopin. Rendre hommage à ce compositeur et pianiste d’exception pour le bicentenaire de sa naissance, c’est aussi interpréter des pièces élues par sa propre sensibilité, soient-elles moins “connues”. Ce qu’a fait Denis Pascal, lui aussi « divin traducteur des choses divines », selon la formule de Balzac qualifiant Chopin interprète de lui-même.
Pendant près de deux heures, libre de toute partition, se laissant guider par l’inspiration du moment, étonnamment concentré, le talent virtuose, Denis Pascal a emporté son auditoire dans les sinuosités, ondulations et contrastes sublimes de l’écriture chopinienne, enchaînant Nocturnes et Mazurkas, Ballade, Polonaises et la géniale Sonate n°2 en si bémol mineur dite « Funèbre », de construction étonnante de modernité et surtout d’une émouvante densité.
Soliste reconnu de classe internationale et pédagogue unanimement apprécié, Denis Pascal est, aujourd’hui, professeur au conservatoire national supérieur de musique de Lyon.

Lionel REYNIER – L’EST ECLAIR – Troyes, 12 février 2010