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Denis PASCAL, salle Gaveau

Conjointement à la sortie de son nouvel enregistrement dédié à l’intégrale des Rhapsodies Hongroises de Liszt, le pianiste Denis Pascal donnait un récital salle Gaveau qui débuta par les rhapsodies n°15, 17 et 18. Bien éloigné des pages jubilatoires et des épanchements qui caractérisent celles que l’on entend le plus souvent, ce Liszt des dernières use d’un langage quasi chromatique frôlant l’atonalité. Dès les premières secondes, l’ambiance se revêtait d’austérité, plongeant l’auditeur dans une sombre déclamation. Le jeu très clair de Denis Pascal s’accordait parfaitement avec le discours dépouillé de ces œuvres. Suivit Gaspard de la Nuit de Ravel. Chaque pièce était précédée du poème d’Aloysius Bertrand dont Ravel s’inspira, lu avec émotion par Marie-Christine Barrault. A la fluidité d’une apparente facilité d’ »Ondine » succéda le lugubre « Gibet ». Denis Pascal maintint la tension par le tintement d’une cloche obsédante et discrètement omniprésente. L’inquiétant « Scarbo » permit enfin d’apprécier la grande lisibilité de sa conception de l’œuvre, autant dans la forme que dans le fond, bien loin des interprétations nébuleuses si fréquemment données. Après l’entracte, deux pièces de Chausson laissèrent la place aux Images de Debussy, d’une transparence qui laissait poindre des textures faites de résonnances, du jeu subtil de la pédale et d’une grande science de la sonorité.

(15 février) SAM – La Lettre du Musicien – n°339, 1ère quinzaine de Mars

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