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Schubert vu par Denis Pascal, salle Gaveau

Salle Gaveau, le pianiste Denis Pascal a consacré tout un récital à Schubert. Dans le répertoire immense du compositeur, ce sont trois oeuvres plutôt tardives qui ont été choisies, dans un ordre croissant d’intensité. A peine entamé le premier des six Moments Musicaux, on est touché par la fragilité de la musique, interprétée avec une grande délicatesse, comme s’il s’agissait de ne pas la briser. Ce sont sans hésiter les pièces les plus lentes qu’on préfère : l’Andantino aux siciliennes suspendues et le Modérato qui égrène un long chapelet de doubles croches à la main droite, étrangement bouleversant. La Sonate en la mineur D 784 qui suit prend un ton plus emporté et romantique, notamment dans son troisième mouvement, aux phrases bavardes pleines d’énergie et aux contrastes très réussis.
Le sommet du concert est toutefois atteint après l’entracte, avec l’uitime Sonate en si bémol. Le contemplatif premier mouvement est admirable de conduite ; il débouche sur un deuxième mouvement certes désespéré, mais pourtant lumineux – une économie générale de pédale permet de garder cette relative clarté. Les deux derniers mouvements sont plus souriants : les basses du trio du Scherzo rebondissent même avec une pointe d’ironie, tandis que le quatrième mouvement alterne épisodes dansants et orageux, pour conclure dans l’emportement général. Le public est aux anges, et Denis Pascal le comble encore en donnant pas mois de… quatre rappels !

François-Xavier VILLEMIN, la Lettre du Musicien (deuxième quinzaine mars 2012), n°414

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